Toi , mon âme !

Mon âme

Qui es-tu pour oser projeter ton ombre
sur mes jours et mes nuits
m'investir de ta personne
embrouiller ma vue mes pensées
qui es-tu toi que j'ai sublimité
porté aux nues idéalisé
qui es-tu pour oser t'emparer de moi
me ballotter au gré de tes caprices
m'engloutir dans la mer de tes désirs

comme une épave je dérive
dans un tourbillon de plaisirs
cherchant en vain
une bouée pour m'agripper
j'étouffe je sombre
je me délecte la gorge nouée
je crie je pleure
une absence qui se prolonge
un amour rejeté aux décombres

qui es-tu pour ainsi
me laisser périr sans mot férir
qui es-tu pour oser
te carguer autour de moi
m'engouffrer dans ton abîme
m'enchaîner à ta volonté

qui es-tu à mon regard si lointain
aux mille effluves inconnus
toi dont la voix a le charme orphéon

qui es-tu toi l'inconnu
le jamais su le jamais vu

Toi mon âme ...
Toi , mon âme !
# Posté le jeudi 03 juillet 2008 13:30

S'écrire !


Écrire c'est tellement plus qu'aligner des mots.


Écrire ça coule dans les veines.
Le besoin d'écrire. Ça vous prend aux tripes et ça vous oppresse jusqu'à vous en faire mal,
à vous donner l'impression
d'être sur le point d'exploser.
Quand on a besoin de tout laisser sortir,
là tout de suite, comme pour enlever un poids
de sa poitrine .
Quand on n'arrive plus à contenir sa colère
ou sa peine.
Quand on n'arrive plus à taire sa peur.
Quand on n'en peut plus et qu'il faut à tout prix en parler à quelqu'un.
Et coule l'encre sur le papier,
comme le sang
de la blessure.

Écrire ça se respire.
C'est aussi parfois, cette histoire qui vous tourne
dans la tête, depuis des jours,
depuis des semaines.
C'est ce personnage profilé au détour d'une vision,
qui vous transporte dans un monde où plus rien d'autre n'a d'importance,
où plus rien n'existe que vous et lui.
C'est s'évader du réel pour voyager
en plein c½ur de vos rêves.
C'est cette histoire que vous vous devez d'écrire,
parce qu'elle doit l'être.
Simplement.

Écrire, c'est écouter parler son âme...
S'écrire !
# Posté le mercredi 02 juillet 2008 16:11

Partage avec vous !


Je cours...

Je ne vois rien du paysage de moins en moins familier
qui file sous mes yeux aveuglés.
De rage, je martèle le sol de toutes mes forces.
À chaque foulée, je frappe.
Ne plus penser.
Depuis des jours, des nuits, j'en ai abandonné le compte,
je suis sur sa trace.
Je me rapproche davantage à chaque minute,
à chaque heure. Je le sens.

Je reste cependant si impuissant : "Ce n'est qu'un animal, sa mort ne pourra rien changer du tout ! Sauf bien sûr, de nous donner l'absolue certitude que plus jamais il ne pourrait faire de mal
à un autre être vivant".
Je manque de courage.
Puis j'ai devant les yeux, sans cesse désormais,
...le regard de ma mère.


Je suis né un soir, en plein c½ur de l'hiver, dans un pays bordé de lacs et de montagnes. Un grand pays du nord. Je ne me suis jamais aventuré bien loin, jamais je n'ai passé les limites de la ville. Mes plus beaux voyages ou les plus mémorables sont ceux que j'ai faits
lorsque j'étais jeunot.

Les chasses saisonnières quand oncle, frères et père, nous partions tous ensemble pour la grande aventure.

Que nous en revenions bredouilles ou conquérants, j'y ai appris la vie. Du moins, ce que j'en sais. J'y ai appris l'amitié, la vraie,
loyale jusqu'à la mort.


Je crois que bien que je me suis perdu.
J'ai suivi la bête au c½ur d'une forêt dense.
L'inconnu. J'ai peur, je crois.
La fatigue embrume mes yeux.
J'ai mal. Je ralentis le pas. NON !
J'ai le souffle court.

Je devrais arrêter un peu.
Me reposer. Dormir...
J'avance toujours; machinalement.
Je ne sais plus pourquoi je poursuis encore cet animal.
Vengeance. Justice.
Brume...
Marcher pour l'honneur ? L'honneur de mon père.


Je vénérais mon père, sa force tranquille avait guidé mes premiers pas que j'aurais tant voulu moins hésitants, pour qu'il soit fier. Il m'a tant enseigné: le bruit du vent qui siffle à vos oreilles, quand l'ivresse accélère la course. Il m'a appris l'odeur de la terre lorsqu'elle jouit d'une pluie nouvellement tombée, pénétrant ses entrailles. Il m'a appris aussi, primordiale, l'importance d'aimer, de respecter la mère,
l'âge et l'autorité.

Mon père m'a donné, bien plus que la tendresse et la sécurité, c'est sa vie toute entière qu'il nous a consacré, à ma mère, ma s½ur,
mes frères et moi.

Souvent, je l'observais marcher sur la falaise. Il portait la tête haute de ceux qui n'ont rien à cacher ou à se reprocher. Il marchait d'un pas vif, le regard aiguisé. Songeur aussi, parfois, lorsqu'il réfléchissait sur les bonnes choses à faire pour plaire à son aimée : ma mère.

De toutes les qualités héritées de mon père, j'espérais avoir acquis ne serait-ce qu'une parcelle de l'infaillible instinct, légendaire, qui le caractérisait et qui faisait de lui le chef incontesté du conseil
de famille.



Depuis des jours, je marche...
Il n'y a pas un seul des muscles de mon corps qui ne soit pas douleur.
Chaque pas est un supplice. Des taches... roses, sur la neige.
J'ai soif.
La brume devant mes yeux s'est un peu épaissi.
Je titube et je tombe...

...Le regard de ma mère.




Je devais bientôt quitter le doux nid familial et je n'avais pas encore osé lui en parler. Chaque fois que l'instant semblait bien s'y prêter, son regard soudain triste, comme si déjà elle savait ce que j'allais lui dire, me faisait renoncer et remettre à plus tard ce projet douloureux. Faire ma propre vie était un désir pourtant bien naturel et j'étais devenu quelque peu impatient, surtout depuis que j'avais rencontré Gabrielle. Les mères savent bien pressentir ces choses-là.

Puis mon père n'était plus revenu un soir de sa promenade et tous les projets d'avenir avaient beaucoup changé. Elle avait pleuré, longtemps, puis la vie avait repris son cours. Pour toujours désormais, je resterais près d'elle.

Ève était sans doute, d'entre toutes, la plus maternelle. Elle avait surveillé le moindre de nos gestes. Elle avait en mémoire la date de chaque pas, l'heure de chaque cri poussé par l'un ou l'autre de ses chers rejetons. Elle semblait capable d'aimer à l'infini. Rien, aucune incartade, erreur ou mauvais coup ne semblait ébranler sa patiente tendresse, elle savait toujours écouter, consoler, comprendre, encourager. Que j'aimais notre mère, elle savait bien s'y prendre pour soigner les blessures et pour "lécher les plaies". On pouvait toujours trouver auprès d'elle réconfort et soutien.

Je n'oublierai jamais ce regard, le dernier. Le désespoir, la tristesse de sentir la vie s'en aller sans pouvoir rien y faire, doucement... Quand je l'ai trouvée l'autre soir, agonisant...




La nuit est tombée sur la forêt maintenant devenue noire. J'ai dû perdre conscience pendant un certain temps.

La raison de ma quête me revient en mémoire
comme un coup de tonnerre !

Je dois me relever et continuer encore. Trouver la bête immonde qui a commis ce crime. Retrouver l'animal qui a tué ma mère...

Dans le buisson, un bruit... Ça y est c'est lui, c'est l'animal ! Je le retrouve enfin. Je m'élance hardiment alors hors de ma cachette et... un bruit sourd, terrible !





L'homme sortit de la forêt où il avait laissé le loup atteint mortellement. Mutilé.
Il couru jusqu'au campement jubilant, brandissant en preuve, la queue encore sanglante qu'il venait de couper de l'animal "sauvage".

- "Ça y est, j'ai eu la bête ! Une balle en plein c½ur ! Le troisième en six semaines, je suis sans contredit le plus grand chasseur de tous les environs. C'est toi qui paye la bière, j'en ai eu plus que toi et les tiens étaient plus petits, que des louveteaux. J'ai gagné le défi.
Paye mon ami. Ha ! Ha ! "

Ramassant le campement, les deux hommes reprirent en plaisantant, leur chemin vers le tripot le plus près, histoire de fêter l'événement...

...

Douleur...
J'ai froid.

C'est ici que s'arrêtera ma course.
Tous ces efforts pour rien.
L'animal a gagné.
Sanguinaire jusqu'au bout, il m'a laissé mutilé, humilié...


La neige... rouge.
Noirceur. Immensité.

Et ce regard... Le dernier regard de ma mère...
Partage avec vous   !
# Posté le mercredi 02 juillet 2008 09:34

Rêve !

Le rêve est une hypothèse , puisque
nous ne le connaissons jamais que par le souvenir ,
ce souvenir est nécessairement
une fabrication...
Rêve  !
# Posté le mercredi 02 juillet 2008 09:23

Douce image !

Douce image !
Toi qu'on dit sage
Toi qu'on prend à la lettre
Toi qui a ta raison d'être

N'oubliez pas qu'elle n'est qu'un reflet
Elle apporte un effet
Elle est virtuelle
Et elle n'est pas réelle

Il n'empêche qu'elle n'est jamais loin
Elle a toujours au coin
De la vérité qui blesse
Tout en délicatesse

On aime ou pas
Mais on ne peut juger
Cela vient de moi
Vous ne pourrez rien y changer ...
# Posté le mardi 01 juillet 2008 16:29